Un mariage zéro déchet

Cet article est une traduction de l’article Zero waste wedding, du blog therogueginger.com. La personne utilisant le “je” est donc Erin, son auteur, tandis qu’elle désigne son époux comme “the Builder” (le Constructeur). Erin habite à Melbourne, en Australie et m’a gentiment autorisée à partager son expérience avec les lecteurs francophones. 

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Deux jours après Noël 2015, le Constructeur m’a demandé de l’épouser. Et j’ai dit oui. Cinq mois plus tard, nous étions mariés. Cet article relate la manière dont nous avons essayé de créer un mariage zéro déchet. Il est long, donc si vous souhaitez le lire en entier je vous suggère de vous préparer d’abord une tasse de thé.

Organiser un mariage est une chose que je n’avais jamais pleinement envisagée. Certes, il y avait eu les papotages entre copines. Mais ces discussions étaient souvent bien vite oubliées, n’aboutissant jamais à des projets concrets. Je suis complètement pour l’engagement, c’est juste que je n’ai jamais pensé au mariage comme son unique symbole.
>Le mariage est important pour le Constructeur. De nous deux, c’est celui auquel je mettrais l’étiquette « le traditionnel”.
La seule manière de faire que je concevais consistait à passer par le bureau d’enregistrement, suivi d’un long déjeuner. Sans histoire. Intime. Simple. Abordable. La vision du Constructeur était à l’opposé : une église traditionnelle, moi traversant l’allée en robe blanche, une grande réception, la première danse, etc. Il voulait prendre un engagement envers moi entouré des gens que nous aimons.
Puisque je n’avais pas de grandes idées pour mon mariage, j’ai abandonné mon désir pour une petite cérémonie et j’ai offert au Constructeur celui de ses rêves. L’une de mes conditions était que nous ayons un mariage sans plastique et zéro déchet. Ou du moins d’essayer.  Mon mari et moi avons travaillé très dur, pour faire en sorte que cela se produise. En fait, il s’est occupé de la plupart de la planification et de l’organisation, car j’étais trop occupée avec le travail pour pouvoir me focaliser uniquement sur les préparatifs. Je reconnais maintenant volontiers que c’était le plus beau jour de ma vie. Cliché ? Absolument ! En particulier venant d’une fille qui n’avait jamais vraiment pensé au mariage.

Pour ceux qui ne  souhaitent pas lire tous les détails, la photo ci-dessous résume tous les déchets que nous avons accumulés entre la prise de décision du mariage et l’envoi des cartes de remerciement. Donc, vous avez votre réponse – oui, nous avons créé des détritus pour notre mariage. J’ai nommé cet article zéro déchet parce que c’était notre but. Pour moi, c’est ce que le zéro déchet représente… un but.

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Bilan de tous les déchets (non recyclables) que avons créés durant tout le processus de préparation du mariage.

Avant de commencer, je voudrais remercier mes lecteurs, qui m’ont offert divers moyens de rendre cette journée merveilleuse avec un minimum de gaspillage : robes, bougies, accessoires, officiant et même un jardin privé. J’ai été surprise de voir tout ce qui nous a été offert gratuitement. MERCI !

Choisir les lieux

Le lieu de notre réception a été décidé rapidement. Nous sommes tombés amoureux du charme unique de la Sous-station de Newportau premier regard.
Nous aimions également qu’il s’agisse d’un espace communautaire. Originellement une sous-station électrique construite en 1915, le bâtiment est resté à l’abandon jusqu’au début des années 1990. Un groupe de résidents s’est mobilisé, a rassemblé des dons auprès de la communauté locale et a entrepris la rénovation du bâtiment, tournant l’endroit oublié en un établissement artistique communautaire prospère. Il accueille désormais des concerts, des expositions, des marchés et bien sûr, des mariages. Puisque que nous habitons dans le nord-ouest de Melbourne, il nous paraissait bon de choisir un lieu proche de notre maison et dans le secteur où nous passons le plus grand de notre temps.

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Newport substation – image de Wikipedia Commons

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Le hall – image de The Substation

Deux dates étaient disponibles : mai et octobre. Le Constructeur ne voyait pas pourquoi nous devrions attendre si longtemps. Naïvement, nous avons choisi la date en mai. Organiser un mariage en cinq mois, avec le stress additionnel d’être particulièrement prise par mon travail moi était… et bien c’était un test. Je ne pense pas que nous ne nous soyons jamais autant disputés durant notre relation !
La Sous-station de Newport n’est pas un espace équipé. Cela signifie que tout, en dehors des tables, quelques sièges à l’entrée et de l’équipement audiovisuel, devait être amené Les clients réservent seulement l’espace, ensuite c’est le traiteur choisi, quel qu’il soit, qui gère la journée. Pas de personnel sur place à la Sous-station. Cela a été un challenge certain, mais nous aimions tellement l’endroit. Les invités pouvaient explorer tout l’espace, la galerie principale, aussi bien que chaque petite et grande pièce. La Sous-station de Newport est un bâtiment intéressant et il vaut la visite.
La cérémonie a eu lieu à l’église orthodoxe Ste- Marie, à Yarraville.

Papier, impression et choix d’options durables qui nous conviennent

Utiliser du papier devait arriver. Décider quelle quantité, comment l’utiliser, l’imprimer et s’approvisionner a été facile à déterminer. Je travaille avec un designer graphique. Je sais où trouver du papier 100 % recyclé après consommation, fabriqué en Australie.
70 % de nos invitations ont été envoyées par voie électronique, en utilisant RSVPify.com. Ce site a démontré être un outil efficace, qui a permis non seulement d’économiser sur le papier et l’envoi, mais aussi de faciliter l’organisation de l’événement. Les invitations restantes ont été adressées par courrier postal classique, tout comme les cartes de remerciement, à ceux qui ne possédaient pas d’adresse email.
En dehors des invitations, les impressions ont compté les livrets de messe pour l’église, les menus, les cartes de don et un plan de table pour le Jour J. Des actions simples, telles que de demander aux gens de partager leurs menus (deux par table) ou les livrets de messe, nous ont aidé à réduire la quantité de papier utilisée.

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Le livret de messe n’était pas nécessaire, mais quelque chose dont je ressentais le besoin. J’ai eu une cérémonie à l’Église Orthodoxe d’Antioche. Je savais que la plupart des membres de ma famille et amis n’avaient jamais eu l’occasion de pénétrer dans l’une d’entre elles et je voulais leur expliquer certaines parties de la célébration, afin qu’ils puissent comprendre pourquoi je portais une couronne ou pourquoi j’ai marché autour d’une table.
J’ai défini l’impression afin de pouvoir obtenir trois livrets de messe ou deux menus pour une feuille A4. Tout le matériel qui restait de l’église ou de la réception a été collecté pour être réutilisé ou recyclé à la maison.
Nos cartes de remerciement ont également été envoyées électroniquement lorsque c’était possible, tandis que les cartes manuscrites sont parties par la poste.

Robe, chaussures et bijoux

J’ai trouvé ma robe de mariée en seconde main, sur la page Facebook Love Me Twice. Quand je l’ai vue, j’ai tout de suite su que c’était MA robe. Un autre cliché ? Absolument !
Honnêtement, ce n’était pas ce que j’avais prévu.
Lorsque j’ai initialement commencé à regarder les robes, j’avais deux conditions : elle devait être fonctionnelle pour après le mariage et elle devait me tenir chaud. L’événement se déroulait fin mai, ce qui voulait dire qu’il ferait froid (NDLR : les saisons sont inversées en Australie). Et il faisait froid !
J’aimais l’idée de combiner un pull tricoté avec une jupe de mariée. J’avais trouvé un endroit pour louer le bas pour le jour J. Le seul problème a été de trouver le bon pull, celui que je voudrais porter à nouveau.
Puis, j’ai commencé à chercher des robes d’occasion en ligne. Mais je ne trouvais rien qui convienne à une froide journée d’automne. Il semblait que les robes d’hiver étaient composées de longues manches en dentelle et rien d’autre !
Quand j’ai vu ma robe de mariée, elle cochait la case “me garder au chaud”. Et elle serait fonctionnelle après le mariage, puisque je comptais la vendre à une autre future mariée. J’aimais l’idée de céder ma robe. J’ai passée une journée tellement merveilleuse en la portant, que je voulais offrir cette chance à quelqu’un d’autre.
Acheter des robes de mariage de seconde main est compliqué, pour la simple raison qu’elles sont faites sur-mesure pour le corps de quelqu’un, tandis que celles en prêt-à-porter sont retouchées pour correspondre à des mesures spécifiques. Ma propre tenue a dû être retouchée au niveau de la manchette gauche.

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Si je n’avais pas eu la chance de tomber sur ma robe, j’aurais commencé à écumer les magasins vintage de Melbourne. Louer était également une option… la seule raison pour laquelle je n’ai pas opté pour est que je voulais une robe chaude avec une fermeture éclair. On voit à quel point j’aime être au chaud et confortable ?
J’ai trouvé mes souliers dans un Op Shop (NDLR : équivalent d’Emmaüs). C’était de simple chaussures à talons bobine, assez confortables pour danser toute la nuit. Je les ai négociées à 6 $ (environ 4€).
En dehors de ma bague, j’ai emprunté des boucles d’oreille à ma mère et une broche de robe vintage s’est transformée en pince à cheveux.
Le Constructeur a choisi d’investir dans un costume neuf. Il a d’abord tenté d’en trouver un d’occasion, main aucun ne lui allait. Je suppose que l’avantage pour les hommes qui achètent un nouveau costume est qu’il pourront très probablement l’utiliser à nouveau. Trois mois plus tard, il a déjà été porté cinq fois.
J’ai également laissé mes merveilleuses demoiselles d’honneur choisir les robes qu’elles voulaient. Je préférais qu’elles optent pour des tenues qu’elles porteraient à nouveau.

Coiffure et maquillage

Pour le grand jour, j’ai choisi d’être coiffée par un coiffeur visagiste vintage.
Tous ceux qui me connaissent ont souffert mon amour pour le vintage. J’adore le vintage faux bob et je dois admettre qu’un peu de laque a été utilisée pour parfaire le look. J’avais initialement prévu de me coiffer moi-même. Puis, j’ai commencé à me renseigner sur les services professionnels et je me suis dit pourquoi pas. Quand aurais-je une autre occasion de me faire coiffer de la sorte ? Probablement jamais ! Aurais-je dû challenger le coiffeur de terminer la mise en forme sans utiliser de laque ? Oui, j’aurais dû et je regrette de ne pas l’avoir fait. Quoi qu’il en soit, je ne regrette pas de m’être fait coiffée… à part pour la laque.
Si j’ai fait des folies concernant mes cheveux, je me suis occupée de mon propre maquillage. J’ai porté mes rouge-à-lèvres et blush compostables habituels jusqu’au bout de la journée. Par contre, j’ai pris la décision d’emprunter le pinceau à sourcils de ma mère, ainsi que le fond de teint et le mascara de ma sœur.

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Mes merveilleuses demoiselles d’honneur.

Le fard à paupière que j’utilise régulièrement contient du curcuma. Je ne voulais pas prendre le risque d’en avoir sur ma robe. Cela faisait bizarre d’avoir du fond de teint et du mascara sur mon visage. Je n’ai pas regretté d’avoir emprunté du mascara, car le mien n’est pas waterproof et j’ai pleuré tout le long des discours.
J’ai l’impression que je devrais me sentir coupable de ne pas avoir porté mon habituel maquillage, sans plastique et zéro déchet. Mon maquillage fait-maison est génial, mais il n’a pas une tenue longue-durée. Puisque ce mariage ne devait avoir qu’UNE fois, je me suis dit que j’allais utiliser quelque chose dont j’étais certaine qu’il allait durer, sans besoin de retouche .Je ne voulais pas perdre du temps pendant mon mariage à m’en préoccuper. Alors, juste pour cette fois, j’ai utilisé du vieux maquillage conventionnel.

Bouquets

Les bouquet étaient composés des mêmes protéas, fleurs des champs et eucalyptus que celles utilisées pour les tables (plus sur ce sujet plus loin). Ma mère les a nouées ensemble avec de la vieille jute et ficelle. Le résultat était magnifique. Merci maman !

Alliances

Je n’ai même pas envisagé d’acheter une alliance. Je savais que j’avais quelque chose qui convenait dans ma boîte à bijoux. Ma bague appartenait à ma mère et je l’avais déjà portée depuis mon adolescence, mais à l’autre main. Je pense que beaucoup de mes amis savent que je la porte depuis si longtemps. Je ne sais pas où elle l’avait eu, mais je l’aimais tellement quand j’étais jeune, que j’avais demandé à l’avoir. Et comme elle ne la portait jamais, elle me l’avait donnée. Cela s’appelle une alliance Russe ou un anneau trinité. Trois anneaux de trois couleurs d’or entrelacés harmonieusement : rose pour l’amour, jaune pour la fidélité et blanc pour l’amitié.

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Ma bague de fiançailles me vient également de ma mère. Je n’ai JAMAIS compris leur intérêt. Quand le Constructeur m’a demandé en mariage, il l’a fait sans anneau. Il m’a ensuite demandé quelle bague éco-responsable je voulais et j’ai répondu aucune. Ce n’est pas nécessaire. Cependant, ma mère est traditionnelle, tout comme mon mari. Ils ont comploté derrière mon dos et le Constructeur m’a présenté une des vieilles bagues de ma mère. Elle se l’était elle-même offerte dans les années 1970.
L’alliance du Constructeur est faite d’or, entièrement approvisionné depuis de vieux bijoux du Liban fournis par sa mère, sa tante et sa grand-mère. Ils ont simplement été fondu ensemble et transformés en un nouvel anneau. Il aime la connexion que cette bague a avec sa famille et son héritage.

Décorer les lieux

Nous avons choisi de ne pas décorer. Un Église Orthodoxe d’Antioche a suffisamment par elle-même. Si vous êtes déjà entré dans une église orthodoxe, vous voyez ce que je veux dire.

Les larges fenêtres, les grands rideaux de velours et les hauts plafonds apparents de la Sous-station de Newport étant magnifiques par eux-mêmes, nous n’avons pas ressenti le besoin d’y ajouter quoi que ce soit.

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Le hall principal avant l’arrivée des invités.

Je voulais mettre des fleurs sur les tables des invités et celle des desserts. J’ai décidé de cueillir des plantes locales, le long de la rivière de Maribynong  avec ma mère et ma sœur.
Avoir un mariage durant les mois les plus froids nous a permis de profiter des acacias en fleurs. Nous avons également trouvé des écorces et des graines locales pour dresser les tables. J’avais au départ prévu de recueillir des protéas sur un arbre du coin. Mais le temps que le grand jour arrive, il n’en restait qu’une poignée. Finalement, j’ai acheté 25 protéas et leucadendrons à un fleuriste victorien. Le coût total était de 150 $ (environ 105€).
Les fleurs ont été disposées dans des bocaux que nous avions déjà. Vivre zéro déchet et sans plastique signifie que ma collection de bocaux est consistante. Nous avons dû en récupérer dix de plus auprès de la famille.

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Cueillette de fleurs locales, feuilles d’acacia et écorces, avant de les arranger en décorations de table.

L’une des mes lectrices m’a donné des bougies, utilisées à son propre mariage (merci Shay !). Nous les avons mises sur les tables des invités et avons utilisé 17 d’entre elles en numéros de table, en les enveloppant de papier que j’avais sur lesquels nous avons peint les chiffres.
Nous avons utilisé les feuilles d’eucalyptus comme cartes de placement, écrivant les noms dessus à l’aide d’un stylo emprunté dans la caisse à outil du Constructeur.
Chaque table avait deux menus, au lieu d’un par personne.
Notre traiteur nous a prêté de vieilles caisses en bois pour décorer la table à cadeaux/table à desserts. J’ai également emprunté une vieille cage à oiseau à une collègue de travail pour le puits à souhaits.

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La Sous-station de Newport avait des tables rondes prêtes à l’emploi, avec des tables tréteaux.  Afin de minimiser les coûts nous avons préféré utiliser ceux-là plutôt que de louer. Nous avons cependant dû louer des chaises pour la soirée.
Les tables étant en aggloméré bien usé, nous avons été obligés de louer des nappes. Nous avons combiné cela à des serviettes en tissu pour la soirée. Un oubli MAJEUR de notre part a été de ne pas demander comment le linge serait empaqueté pour la livraison. Il est arrivé dans du plastique mou. Nous avons pu le recycler grâce au programme RED Cycle MAIS sur chacun des sacs se trouvait une étiquette et du scotch en plastique. Je les ai décollées une par une des des sacs plastiques (vous pouvez voir la pile ainsi créée sur la photo de nos détritus, tout en haut) avant qu’ils ne soient envoyés à la poubelle dédiée, sans quoi ils n’auraient pas été propres au recyclage.
À la fin de la soirée, tout ce que nous avions cueilli a été rassemblé pour nous par le traiteur, puis transféré à notre Transfer Station locale. Ils collectent les branches d’arbre, les déchets organiques et végétaux. Les éléments papiers restant ont été recyclés.

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Transport

La cérémonie a eu lieu à l’église orthodoxe St. Marie de Yarraville, à dix minutes de route de la Sous-station de Newport. Avec 80 % de mes invités venant d’autres états ou de l’étranger, nous avons décidé de prendre deux bus pour conduire les gens de la cérémonie à la réception. Les gens ayant déjà voyagé de longues distances, nous voulions qu’il soit facile pour eux de se déplacer entre les lieux, même pour un trajet de 10 minutes. Cela a économisé sur les voitures individuelles et l’essence.
Le Constructeur voulait louer une belle voiture… j’aurais été satisfaite de prendre le taxi. Dans tous les cas, nous avions besoin d’un transport entre ma maison et les différents lieux (je ne possède pas de voiture et je n’allais pas conduire son utilitaire tout sale avec ma robe). Après quelques débats, je l’ai laissé louer deux voitures : une pour nous et une autre pour le mariage. C’était très sympa de se déplacer en voiture vintage. Ce n’est pas quelque chose que j’avais fait auparavant et je ne le referai probablement jamais. Sûrement pas le choix le plus écolo, mais les compromis sont importants pour toutes les relations.

La nourriture

Apporter notre propre nourriture et demander aux invités d’amener une assiette aurait été le choix le plus simple pour limiter le gâchis.
Mais seulement si tous les invités avaient suivi le même style de vie que nous.
Envoyer une requête en leur demander d’amener leur propre repas, avec une liste de comment le préparer et l’empaqueter, afin qu’il soit bel et bien zéro déchet et sans plastique, ne semblait pas très pratique. De plus, avec autant de déplacements, la dernière chose que je voulais faire était de les obliger à trouver de la nourriture dans une ville qu’ils ne connaissaient pas. L’idée était attrayante, mais la mise en pratique aurait été difficile sans stress.
La quête pour un traiteur zéro déchet a été futile. Nous avons fini par choisir Farm Café Caterine (Collingwood Children’s Farm), parce que nous aimions leur philosophie locale et de saison et que nous avions vu la pile géante de compost de leur ferme. “La ferme”, cela sonne très lointain, mais elle se situe pourtant bien à Melbourne.

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Nous leur avons expliqué notre désir d’avoir un mariage zéro déchet et sans plastique. Ils ont sauté sur l’occasion et nous ont aidé tout au long du processus.

Si la ferme composte sur son site, ils ne sont pas autorisés à y ramener de la nourriture ayant été servie à des invités.
Nous avons brièvement envisagé de demander aux gens d’amener des containers ou des boîtes en papier pour les restes. L’idée était belle, mais nous avons pensé que peu de gens allaient effectivement la ramener chez eux. En particulier ceux venant d’autres États. À la place, nous avons décidé de composter nous-mêmes.
Nous avons demandé à notre organisateur si nous pouvions ramener les restes chez nous dans cet objectif. Il a accepté. Le personnel a réuni le tout dans de larges containers, que nous avons récupérés le lundi suivant.
Composter de grandes quantités de nourriture n’est pas possible pour tout le monde. Melbourne propose un service de récupération, nommé Compost Collectors. Si nous n’avions pas eu notre propre endroit pour composter, nous aurions fait appel à eux.
Cette initiative a permis de réduire les déchets de manière significative.

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Tout les restes de nourriture du mariage ! Cette poubelle a été remplie au 3/4.

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Et hop, au composte.

Nos invités ont absolument adoré le repas et continus de nous complimenter à son sujet. Il s’agissait de plats communs, de nourriture locale et de saison. Partager la nourriture a donné l’occasion aux convives de choisir exactement la quantité qu’ils voulaient manger. Le traiteur nous a dit que c’était un bon moyen de réduire le gâchis, puisque certaines personnes aiment manger beaucoup, tandis que d’autres sont de petits mangeurs.
Nous étions choqués de voir toute la nourriture qui restait à la fin et avons dû nous rappeler que c’était la quantité pour 170 personnes et que certains des restes étaient issus de la préparation. Cela nous a fait réfléchir à toutes les pertes de nourriture, à tous les mariages cumulés, qui vont à la décharge. Un peu décourageant. Le Farm Café pense maintenant sérieusement à la manière d’embarquer cette pratique dans leur offre.
La réception a démarré avec des canapés, donc un besoin de petites assiettes ou de serviettes en tissu. Étant donné que l’endroit où nous  les servions était un peu étroit, nous avons opté pour les serviettes. Nous avons cherché à louer des serviettes cocktail en tissu – ni nous, ni le traiteur, n’avons pu en trouver. Celles que nous avons sélectionné pour le dîner étaient grandes et volumineuses. Le Farm Café a repéré des serviettes compostables, pour lesquelles nous avons opté. Elles sont arrivées enveloppées dans du plastique mou, que nous avons pu recycler grâce au RED Cycle.
En rétrospective, nous aurions dû enquêter pour directement acheter ces serviettes en tissu, étant donné que j’avais un événement à suivre où j’aurais pu les utiliser. En tout cas, nous avons composté les serviettes en papier qui avaient été utilisées.
Nous avions laissé tomber le gâteau de mariage. Aucun de nous d’eux n’est fan de gâteau. À la place, la table de cadeaux a été transformée pour recevoir les desserts, le thé et le café. Nous avons commandé des baklava et des douceurs Turques pour la moitié des invités et tout a été mangé. Le lait, pour le café et le thé, est arrivé en bocaux depuis La Latteria via notre traiteur. Le thé était sous forme de feuilles en vrac.

Les boissons

L’alcool a été une décision facile pour nous : nous devions le fournir en vrac à nos invités ! Et nous n’avons eu aucun morceau de verre à recycler à la fin de la soirée. Le service de bar mobile TAP. basé à Melbourne, nous a fourni le vin pour la soirée. Il a entièrement été distribué dans des fûts en acier inoxydable, qu’ils réutilisent.
Choisir TAP. nous a vraiment aidé à réduire tous les déchets associés aux boissons en bouteille, tels que les cartons. Un fût élimine le besoin de manufacturer, emballer, stocker et distribuer 26 bouteilles en verre.
Nous avons servi du rosé, du rouge et du blanc, ainsi que du prosecco. Oui, nous avions des bulles au robinet !

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Nous avons loué des fûts de Victorian Bitter (NDLR : une marque de bière Australienne) à Kegs on Legs et avons servi l’Arak maison (un spiritueux Libanais) d’un ami de la famille.
Il a été difficile de trouver du whisky en fût ou rechargeable. Le Constructeur s’est rapproché de Starward Whisky, une distillerie de whisky locale, pour émettre l’idée d’une potentielle option rechargeable dans leur établissement. J’espère qu’ils vont finir par la mettre en place dans le futur, car c’est de l’excellent whisky et à seulement 10 minutes de route de chez nous. Croisons les doigts pour que cette conversation ait plantée une graine. J’ai déjà commencé à réutiliser les bouteilles vide du whisky que nous avions acheté.
La glace présentait également un obstacle. Nous avons essayé d’éviter les sacs en plastique. Le Constructeur a cherché une machine en location. Mais le temps, l’espace et l’argent nécessaires pour créer des quantités suffisantes présentaient trop de difficultés. Le Constructeur est allé voir les pubs locaux pour utiliser leur glace, sans succès. Nous avons finalement pris des sacs de glace et les avons recyclés via le RED Cycle.
Les boissons non alcoolisées étaient constituées de limonade Libanaise faite maison et d’eau. Nous avons emprunté la centrifugeuse de la sœur du Constructeur pour le processus de création. Cela a été une journée épique ! 22 litres de jus concentrés ont été concoctés, puis amenés chez le traiteur, contenus dans toutes les bouteilles et les bocaux vide que nous avions à disposition. Le sol de notre cuisine est resté collant durant une semaine !

Serviettes de salle de bain

Pourquoi les serviettes de salle de bain ont-elles droit à leur propre catégorie ? Parce ce que c’est une chose à laquelle nous n’avions pas pensé, la manière dont les invités allaient sécher leurs mains. Heureusement le traiteur, Farm Café, avais prévu des serviettes en tissu en plus de celles que nous avions louées et nous avons pu les mettre dans la salle de bain, à la place de celles en papier jetables.

Cadeaux pour les invités

Nous avons décidé de ne pas offrir de cadeaux. À la place, nous avons fait une donation à une fondation qui lutte contre la sclérose en plaque et avons donné aux invités des petites cartes pour les informer du don. Malheureusement, la plupart d’entre elles ont été abandonnées dans la salle. Nous les avons récupérées et recyclées.
À la réflexion, une petite pancarte sur la table des cadeaux aurait été suffisante.

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Cadeaux

Une requête a été faite pour ne pas recevoir de cadeaux physiques. Les personnes qui le souhaitaient avaient la possibilité de faire une contribution à notre voyage de noce. Personne n’a dérogé à cette règle, en dehors d’une amie de ma mère, qui nous a préparé la confiture figue/gingembre la plus délicieuse qui soit. Elle l’avait même enveloppée dans un vieux tissu.
Nous avons recyclé les enveloppes (dont certaines ont pu être ré-utilisées) et conservé les cartes. L’un des invités a utilisé une vieille enveloppe pour noter son message dessus et mettre la contribution à l’intérieur, sans carte. C’est de loin notre favorite ! Un autre convive a envoyé une carte électronique.

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Le Constructeur avec un tambour Libanais, tandis que les invités dansaient le dabkeh.

Le mot de la fin

Aucun de nos invités n’avait été mis au courant que nous tentions un mariage zéro déchet. Personne n’a suspecté que nous avions travaillé dur pour le rendre durable. Nous ne le leur avons pas dit pendant la journée non plus, car nous n’avons pas ressenti le besoin d’expliquer que notre mariage était un événement écolo. Nous voulions que tous les éléments zéro déchet soient intégrés normalement, prouvant que ce type de mariage peut être apprécié par tous, même par les gens qui ne partagent pas ce type de conviction. Nous avons estimé qu’environ 60 personnes n’avaient même pas idée de notre mode de vie à gaspillage minimal. Cela n’a pas été si compliqué pour nous d’appliquer cette philosophie à notre mariage. Et c’est parce que nous avons tout fait simplement. Tous les éléments traditionnels de ce type d’événement étaient présents, sauf que nous avons réduit, réutilisé, emprunté, composté et recyclé correctement.

Dans les jours suivants, j’ai été poursuivie par des pensées telles que “j’aurais dû trouver 20 serviettes de table en tissu d’occasion pour éviter l’emballage plastique” ou “pourquoi n’ai-je pas fait les serviettes cocktail moi-même”. Finalement, je dois prendre du recul et me souvenir que nous avons fait du mieux que nous pouvions, ce qui est beaucoup mieux que de ne pas essayer.
S’en tenir à la philosophie zéro déchet et se donner pour but d’éviter le plastique nous a  également permis d’économiser de l’argent. Il nous a paru plus facile de tirer un trait sur tout ce dont nous n’avions pas besoin ou ne nous servirait pas. Si nous voulions un mariage zéro déchet, notre but ultime était de passer une belle journée avec notre famille et nos amis.
Si vous avez lu tout cela et que vous pensez que vous pourriez faire encore mieux dans l’organisation d’un mariage zéro déchet et sans plastique, alors je vous souhaite vraiment d’y arriver ! Je partage ce que nous avons fait, les problèmes rencontrés, les aspects négligés, en espérant qu’un autre couple connaîtra un plus grand succès. Sinon, quel serait l’intérêt de raconter tout cela ?

Mes conseils pour un mariage zéro déchet

  • Chaque mariage est unique et beaucoup de facteurs permettent de donner un caractère spécial à chacun d’entre eux. Nous avons trouvé le style qui nous convenait. Trouvez le vôtre et ne le comparez pas aux autres.
  • Il n’y a pas de bonne taille pour faire un mariage écolo. Faites de votre mieux, selon ce qui vous convient. Nous aurions pu faire la cérémonie et la réception dans un seul bâtiment, mais il en a été autrement. Et c’est bien. Ce type d’événement ne doit pas nécessairement avoir lieu dans une ferme rurale ou à la campagne. Il n’y a pas besoin d’avoir un thème bobo ou hippy. Il ne nécessite pas d’être en petit comité. Cela peut aussi très bien fonctionner en ville et avec autant de personnes que vous le souhaitez.
  • Demandez à votre traiteur d’utiliser des produits de saison locaux et renseignez-vous sur la manière dont ils pourraient composter (ou faire appel à une autre entreprise pour le faire). Vous pourriez aussi choisir un prestataire qui soutient la communauté ou des œuvres de charité.. Nous voulions vraiment vraiment appel à Asylum Seeker Resource Centre (centre de ressources pour les personnes en droit d’asile), mais avons renoncé, car le lieu sans cuisine ne le permettait pas.
  • Si vous voulez miser sur plus de décorations tout en ayant un minimum de déchets, vous pouvez le faire en vous posant les questions suivantes : où cet objet a-t-il été fabriqué, que va-t-il devenir en fin de vie et peut-il être réutilisé. La plupart des accessoires peuvent être loués ou empruntés.
  • Prendre pour acquis sans tout vérifier auprès de nos prestataires a été à l’origine des déchets créés. Aucun de nous deux n’avait organisé un mariage auparavant, ni même un événement pour plus d’une centaine de personnes. Alors poser ces dures questions écolo est obligatoire !
  • Si j’avais la possibilité de créer et imprimer moi-même le matériel, je comprends que cela ne soit pas le cas pour tout le monde. Si vous avez besoin de cela pour votre mariage, pensez simplement à préciser à votre prestataire ce que vous voulez exactement en matière de durabilité des produits finis. La plupart d’entre eux ont de très bonnes idées et les contacts pour les aider.
  • Si vous avez la chance d’avoir accès à une imprimante au travail ou chez vous, il est facile de trouver du papier 100 % fait à partir de matières déjà utilisées et recyclées. Tous les magasins spécialistes du papier en auront en stock ou pourront en commander pour vous.
  • Nous avons fait les photos de mariage avant la cérémonie, afin que les gens puissent monter dans le bus et se rendre sur le lieu de la réception 20 minutes après la fin. J’ai dû me battre avec le Constructeur pour cela, parce que je ne voulais pas que mes invités attendent dans le froid pendant que nous posions. De plus, je voulais passer du temps avec eux plutôt qu’être occupée à faire des photos. Après tout, ils avaient parcouru de longues distances pour nous voir. Le Constructeur a depuis admis que c’était une excellente décision, qui nous a permis de gagner du temps, tout en profitant du fil de la journée. Nous avons tout de même vécu ce moment si particulier de se voir pour la première fois, allée ou pas allée.
  • Il y a pleins de manières d’offrir des présents à ses invités, qui n’incluent pas de déchet ou du plastique (des plantes, de la confiture maison, des graines – Pinterest regorge de suggestions pour vous). Il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’en faire un. La plupart des mariages auxquels j’ai assisté étaient sans.
  • Demandez à vos amis (mariés ou non), s’ils ont des choses que vous pouvez emprunter. Vous serez surpris de voir ce que les gens peuvent proposer.
  • Vérifier vos magasins de seconde main locaux.
  • Si vous n’avez pas la possibilité de cueillir des fleurs vous-même, demandez à vos amis qui ont des jardins, ou bien dirigez vous vers des plantes locales et de saison chez votre fleuriste.
  • Évitez les objets jetables, pour préférer ceux qui peuvent être lavés, tels que de vrais couverts, assiettes, verres et serviettes de table en tissu.
  • Amusez-vous !

Note de la traductrice : Erin donne également des adresses d’enseignes Australiennes pour trouver des robes de seconde mains ou des objets à utiliser, qui ne paraissent pas pertinents pour le lectorat du reste du monde. À nous de trouver des équivalents locaux !

Thank you Erin and congratulations for this very well organised and beautiful weeding!
If you can read English, do not hesitate to visit her blog at therogueginger.com.

Et vous, des conseils à partager ? Auriez vous fait les choses différemment ? Laissez des commentaires pour les futurs mariés à la recherche de bons plans et d’inspiration pour leur mariage zéro déchet et sans plastique.

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