Témoignage : une marque de sacoche éthiques, vegans et pleines de couleurs

Partager :

Pourquoi créer sa marque de sacoches vegan et éthique ?
C’est quoi en fait le liège et est-ce vraiment bien d’en utiliser ?
Des questionnements sur l’avenir de nos enfants.
C’est ce dont j’ai discuté avec Valérie dans cette vidéo.

Merci Valérie pour ton partage d’expérience et tous mes vœux de réussites pour ta boutique.

L’interview en vidéo

Et la version Podcast

Les trucs dont on parle dans l’interview, pour aller plus loin

► La boutique en ligne de Valérie : Ma sacoche mon idéal
► L’association SOS enfants
► L’article Le cloud et le monde des Bisounours

La retranscription de l’interview

Aude
Aujourd’hui on est à Cagnes-sur-mer, au bord de la plage. On a de la chance il fait très beau et je suis en compagnie de Valérie qui va nous parler de sa marque.
Bonjour Valérie, aujourd’hui tu vas nous parler de ton parcours personnel par rapport à l’écologie et notamment qui t’a conduit à créer une marque en liège qui est qui sort totalement du lot.

Valérie
Bonjour Aude.
Aujourd’hui dans le monde des sacoches d’ordinateur on s’aperçoit que tout le monde a des sacoches noires, marrons, bleues marines… Voilà vous allez dans n’importe quelle boutique, même n’importe quelle maroquinerie, le choix est vraiment pauvre en coloris.
J’avais vraiment envie d’apporter en fait de la couleur dans le monde des sacs d’ordinateurs, aussi bien pour les jeunes, que pour la femme active, que pour l’homme actif, etc.

Une fabrication locale et de qualité

À partir de là, en en cherchant un maroquinier, je me suis dit « ok d’accord, mais bon il existe aujourd’hui le synthétique, le cuir » et je voulais apporter un fond à ma marque. Je voulais orienter développement durable et économie solidaire et donc je me suis dit « il faudrait que je trouve une fibre végétale ».

En cherchant mon maroquinier j’en ai trouvé un au Portugal qui travaille le liège et le liège de toutes les couleurs, donc voilà je dis « bingo, j’ai trouvé mon fabricant ». Qui plus est au Portugal, pays Européen, parce que je voulais aussi que ce soit la fabrication française ou européenne au maximum pour éviter justement l’impact écologique du transport.

Je voulais une qualité aussi et c’est le cas avec ce maroquinier. Il faut savoir que le Portugal est un pays où ils savent très bien fabriquer toute la maroquinerie en cuir, ils ont un savoir-faire artisanal, donc ça correspondait vraiment à mes valeurs.

Les bienfaits écologiques et qualitatifs du liège

Aude
Tu peux nous expliquer, c’est quoi en fait le liège, parce qu’on pense au bouchon sur la bouteille de vin, mais finalement c’est quoi ?

Valérie
Déjà ce n’est pas que le liège marron qu’on imagine dans l’habitation, tel qu’on peut le voir dans la petite maroquinerie. Ce n’est pas rugueux comme on peut l’imaginer. Ils ont vraiment travaillé ça : en fait c’est un tissu de liège.
Donc comment on arrive à ça : on prend l’écorce du liège, de l’arbre.

Aude
Donc c’est n’importe quel arbre ?

Valérie
Alors c’est le chêne liège. Au Portugal en fait il y a plein de chênes liège, comme ici dans le sud de la France. Il faut savoir qu’en fait plus on enlève l’écorce de l’arbre, plus il absorbe le CO2 de l’air.

Donc ça c’est super important, parce qu’on se dit « oui mais en fait on va abîmer l’arbre, on va abîmer l’écorce ». Et en fait pas du tout : un chêne liège non travaillé ne va pas absorber beaucoup de CO2. Alors qu’un chêne liège qui est travaillé, en enlevant cette écorce tous les neuf ans, ça va absorber beaucoup plus de CO2 de l’air.
Donc en fait on fait un geste pour la nature et pour l’environnement et consommer du liège c’est très bien. 🙂

Donc comment on arrive en fait avoir quelque chose de souple parce que c’est très souple, c’est très lisse : on va une fine lamelle dans l’écorce du liège. Dedans il y a une résine et grâce à celle-ci, en chauffant, on va arriver ensuite à le coller sur un tissu. C’est ce qu’on va s’appeler le tissu de liège.

C’est comme ça qu’on aura notre liège qui sera vraiment soudé, lisse, souple et solide.
Après c’est mis en couleur. En fait on peut faire toutes les couleurs : là c’est du rose ça par exemple, celui-là c’est un effet argenté et c’est également du liège. On peut faire du fleuri, on peut faire des tas de choses en fait. Donc on peut avoir vraiment de la maroquinerie dans tout ce qu’on peut imaginer en fait et vraiment s’éclater.

Une dimension éthique

À tout ça je voulais donner une dimension de développement durable, en faisant de la production française ou européenne, donc ça c’est fait.

Je voulais sensibiliser les gens à consommer autrement également. Parce qu’aujourd’hui c’est le synthétique, ok d’accord, mais c’est à base de pétrole et puis souvent ça vient de Chine.
Donc ok ce n’est pas très cher, moi c’est peut-être un peu plus cher, mais en fait on a un autre produit en main. On a l’impression d’avoir un produit justement vivant et voilà une matière naturelle en harmonie avec la nature, avec ses convictions, sa valeur du consommer autrement.

Soutient d’une association de scolarisation des enfants Pygmées

Je voulais apporter en en plus du développement durable, de l’économie solidaire. Mes enfants ayant fait de l’humanitaire, on était déjà sensibilisés et je voulais aider.
Pour ça j’ai choisi vraiment une association qui va bien gérer son budget, dont les fonds qu’on va donner c’est sûr que ça ira aux enfants à l’arrivée. Donc avec une bonne gestion des ressources et des moyens et surtout aussi « aider sans assister » et SOS enfants c’est « aide sans assister ».

Ils ont un projet de scolarisation des enfants Pygmées Bagyeli au Cameroun, justement on les aide par le biais de la scolarisation à défendre leur territoire. On se dit « bah oui ok mais si on scolarise tous les enfants Pygmées, il n’y aura plus de petit pygmée ».
Mais en fait ce n’est pas ça du tout. Justement c’est parce que les gros promoteurs viennent en fait les déloger de leur forêt pour faire des plantations, de l’huile de palme, etc. Donc en fait c’est pour que ces Pygmées sachent lire les contrats qu’on leur fait signer !
Donc c’est pour ça que c’est important de les scolariser, pas du tout pour qu’ils sortent de leur forêt, c’est pour qu’ils repartent dans leur forêt. Ça reste des chasseurs en fait au fond d’eux-mêmes. C’est pour qu’ils puissent vraiment défendre leurs droits et défendre leurs forêts.
Donc c’est pour cela que moi je reverserai une partie des bénéfices à cette association.

Aide aux chômeurs longue durée et revalorisation des bâches du Festival de Cannes

Après j’ai un deuxième projet justement d’économie solidaire. J’aide ici à Cannes une association de réinsertion professionnelle de chômeurs longue durée.


Comme ça fait longtemps qu’ils n’ont pas travaillé, cette association va les prendre pour un CDD de trois mois, parfois renouvelé une deuxième fois trois mois et on les fait travailler.
Ici en fait on recycle toutes les bâches des festivals. Par exemple la grande bâche publicitaire qu’on voit sur le front du Palais, elle va revenir l’association et qu’on va retravailler. Moi j’ai choisi de faire avec eux de la petite maroquinerie.
Ça c’est un sac sa barre en liège. Chaque sac va être unique. On peut faire aussi des pochettes, faire des besaces, faire plein de choses. Et donc on a une action encore une fois développement durable, ce que j’aime bien.


C’est vraiment de l’up-cycling : c’est recycler les bâches au lieu qu’elles soient jetées, elles ont une deuxième chance de vie, donc c’est super. Et en plus en fait on aide des chômeurs à reprendre le pied pour aller travailler derrière.

Préserver la planète que l’on va laisser à nos enfants

Aude
En parlant d’enfants justement, tu me racontais l’autre jour que tu as des enfants, dont ta fille qui est très engagée dans toute la cause écologique. J’avoue que ça m’a beaucoup marquée ce que tu m’as raconté….

Ta fille a 20 ans (21 ans en fait, ndlr) je crois et donc moi j’ai 33 ans et je suis de la génération qui est arrivé sur le marché du travail en sachant que je n’aurais pas de travail. Ou alors que j’aurais déjà 3, 4 intérims, des CDD, etc. Aujourd’hui le CDI c’est le saint graal en fait.
Et j’ai découvert que la génération de ta fille finalement c’était encore pire !

Valérie
C’est vrai que ma fille est dans une école d’économie solidaire et de développement durable et que quand je l’entends parler je me dis que la génération aujourd’hui est vraiment sensibilisée complètement différemment.
Il y a vraiment des choses à faire, énormément pour la planète et que vraiment il y a une génération montante, dont on sent qu’elle a envie de se bouger, justement pour défendre la planète.

Voilà ça commence par manger moins de viande… on ne dit pas qu’il faut supprimer la viande, pas forcément devenir vegan, mais si chacun faisait un petit effort dans sa consommation en fait ça agirait déjà beaucoup en fait.

C’est vrai que la planète est en danger. Et cette génération montante en a vraiment conscience.
Je me dis que c’est un peu triste voilà que les jeunes qui ont 20 ans aujourd’hui soient, en fait touchés vraiment dans leur chair. En fait ma fille c’est comme ça qu’elle est aujourd’hui.

Nous quand on avait 20 ans c’était l’insouciance et aujourd’hui en fait ça a complétement changé. C’est vrai qu’il y a quelque chose à faire, ce serait vraiment bien, collectivement.
Il y a un message aujourd’hui : si chacun pouvait faire un effort, un petit geste, pas grand-chose.

Comme je dis à ma fille « tu ne peux pas convertir tout le monde, parce que tu vas t’épuiser dedans, mais si on pouvait sensibiliser les gens chaque jour à faire 10 % ou 20 % d’un geste, multiplié par le nombre de personnes ce serait beaucoup plus puissant que de convertir une seule personne ».

C’est un travail à faire, tout le monde doit faire, toutes les générations : nous en premier pour nos enfants et les générations futures, les jeunes pour préserver aussi leur planète.
Et c’est vrai que donner un sens à mon travail, à ma sacoche, à ma marque c’est important parce que c’est un cheminement pour nous tous en fait.

Une vraie inquiétude pour le futur

Aude
Et si on ne fait rien, qu’est ce qui va se passer ? On arrive au point où ça devient vraiment inquiétant. J’ai déjà entendu autour de moi et je pensais que c’était anecdotique, mais je me rends compte que non : des gens qui disent « ah ben je devrais faire attention d’avoir un endroit avec un point d’eau ou quelque chose comme ça, parce qu’on ne sait pas ce qui va se passer ».

Valérie
Ben ma fille c’est « il faut surtout garder les maisons avec les jardins pour l’avenir, il faut apprendre la permaculture, pour apprendre à être autosuffisant. Parce que si un jour il y a l’effondrement économique et financier, ou voilà on ne sait pas ce qui peut se passer derrière… il faudra toujours manger ».

Donc aujourd’hui les jeunes se disent il faut se mettre à reprendre le jardin, le jardin ouvrier en ville ou bien le jardin chez soi. Elle dit à sa grand-mère « surtout tu ne vendras jamais ta maison, parce que tu as un jardin, c’est super précieux pour l’avenir ».

Ce sont des choses que nous jamais on aurait imaginé un jour entendre !

Hier j’en parlais avec mon fils et je lui ai demandé ce qu’il pense de tout ça. Lui il dit : « je sais qu’un jour, ça va arriver dans 20 ans, 30 ans, 40 ans, on ne sait pas, mais on va quand même dans le mur. ». Et il dit « ben moi je suis fataliste, pas pour ne pas justement me faire mal à au cœur et à l’âme ».

Et ma fille à côté qui elle se fait peut-être mal à l’âme, parce que justement il faut tous sauver.
Ce sont nos actions collectives qui font la différence

Faire sa part

Et donc c’est pour ça que c’est important que chacun prenne conscience que la planète est quand même en danger. Il ne faut pas écouter que les politiques qui essaient de noyer le poisson parce que ce qu’ils veulent voir c’est leur mandat, voilà.
Donc il faut aller gratter un petit peu plus loin que tout ça et puis s’informer.
C’est hyper important en fait je pense pour l’avenir, l’avenir de nos enfants avant tout.

Aude
L’avenir de nos enfants…
Donc voilà les petits gestes quotidiens pour la planète : que ce soit de créer sa propre marque éthique, manger moins de vie, ou n’importe quoi, chaque geste compte.

Valérie
Oui ou dans le recyclage des déchets. On ne demande pas de devenir extrémiste, c’est surtout pas ça. C’est vraiment que si chacun pouvait prendre conscience, un petit peu et dans ses gestes de tous les jours… Voilà une ampoule en moins, jeter ses mails…
Les gens ne savent pas, mais les mails c’est une catastrophe (voir l’article : On n’est pas des quiches numériques) !

data-center_apple_cloud

10 000 m2 de serveurs dans un data center de l’Iowa. (crédit photo : Google)

On se dit « mais pourquoi jeter ses mails, c’est du virtuel ». Mais non : c’est du stockage sur des grosses centrales d’ordinateurs, qui consomment énormément d’énergie.
Donc commencer par sa part : vider votre boîte mail et puis quand vous avez fait ça, videz aussi la corbeille. Parce que si voulez laisser dans la corbeille c’est toujours stocké sur des ordinateurs.

Quand je communique, que j’envoie des mails à tous mes clients, à mes prospects, en bas de chaque mail c’est marqué. Avant on disait toujours « surtout n’imprimez pas ce mail parce que c’est consommer des arbres ». Aujourd’hui c’est surtout de le jeter après l’avoir lu, parce que c’est stocké sur des ordinateurs qui consomment de l’’électricité.

Pour conserver 30 mail, c’est autant que la consommation d’une ampoule par jour, voilà c’est le point de repère ! Donc vous imaginez combien de mails dans votre boîte aux lettres, multiplié le nombre d’ampoules par jour qui tournent inutilement !

Donc voilà, c’est tout des petites réflexions, qu’il faut prendre un peu conscience aujourd’hui.

Retrouver les produits Ma sacoche mon idéal

Aude
Très bien et donc on va peut-être finir par le petit point pub quand même. Donc où est-ce qu’on peut retrouver tes sacoches ?

Valérie
Ça s’appelle Ma sacoche monde idéal, parce que j’ai fabriqué justement mon idéal de sacoche. Suite à une étude de marché où tout le monde me réclamait des rangements : des rangements pour les clés USB, des rangements pour les cartes de visite, des rangements pour téléphones, pour tous.

Enfin bref, donc j’ai fait une synthèse de tout ça : maintenant vous avez une housse d’ordinateur soit avec des poignées, soit sans poignées, mais vraiment optimisé avec tous les rangements.
C’est sur le site masacochemonideal.fr

Aude
Merci Valérie

Valérie
Merci Aude

[Musique]


Partager :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *