L’écoféminisme : kesako ?

Le 08 mars, c’est la journée de la femme. En général, je ne fais pas du tout attention à ce type d’événement, car il me semble que l’égalité c’est dans le quotidien que cela se passe, pas juste une fois par an. D’ailleurs, saviez-vous vous que la Journée internationale de l’homme c’était le 19 novembre ? Mais quand on m’a proposé de participer à une mobilisation interbloggeur sur cette thématique, je pouvais difficilement refuser.

Pour #EnsemblePourLe8Mars, je vais donc aujourd’hui vous parler de l’éco-féminisme. Et oui, ça existe.

Définition de l’éco-feminisme

Ce courant part du constat qu’il existe de nombreuses similitudes entre les questions féministes et écologiques : non-respect, domination, oppression de l’Homme (avec un grand H) sur la nature/les femmes. Evidemment, cela ne revient PAS à une haine des hommes (avec un petit H), ni à dire qu’il faut se débarrasser d’eux parce qu’ils détruisent tout. Rappelons au passage que le féminisme n’est pas un gros mot et qu’il prône une démarche tolérante et bienveillante, pour l’égalité de tous. Il est à ne pas confondre avec des idéologies individuelles haineuses qui, certes, peuvent être considérées comme des sous-pensées du féminisme, mais ne sont pas pour autant représentatives de l’ensemble de ce courant, aux couleurs très variées.

Sans entrer dans le détail, l’écoféminisme lui-même connaît un tas de sous-mouvements (spiritualiste, éthique, de résistance, etc.) qu’il serait laborieux d’essayer de répertorier. Comme pour tous les sujets, il y a finalement autant de points de vues que d’individus et c’est ce qui fait la richesse de notre monde.

L’écoféminisme en pratique

Ainsi, on a pu voir émerger des actions qui tentent d’apporter des solutions à ces deux problématiques d’un coup. Vandana Shiva : mettre en place le changement par les femmes
L’exemple le plus représentatif est celui de Vandana Shiva, cette indienne bardée de diplômes (en physique et philosophie) et ultra active qui a reçu le prix Nobel alternatif (Right Livelihood Award) en 1993 pour son action. Elle a notamment fondé dans son pays un sanctuaire pour la biodiversité sauvage et agro-semencière, principalement tenu par des femmes.Le but est de lutter contre les monopoles de brevet sur les semences, tout en valorisant plus le travail des femmes.

D’un point de vue plus spirituel, l’écrivaine (et sorcière) Starhawk est également très influente dans le domaine de l’éco-féminisme. Elle est notamment reconnue pour ses formations sur la communication non-violente et l’action directe (encourager les individus et groupes à penser et agir par eux-mêmes sans attendre qu’une entité « supérieure » s’en charge), toujours dans une démarche bienveillante et pacifiste.

L’écoféminisme : une question de société ?

Personnellement, je ne pense pas que l’écologie soit une affaire de femme. De ce que j’ai pu lire ici-et-là, il paraîtrait que les femmes font plus attention à faire des achats « écologiques » (logique, puisque ce sont elles qui font encore le plus les courses, ce qui n’a aucune raison de rester ainsi, n’est-ce pas :-D), les hommes se mettraient plus facilement aux ampoules basse consommation, tandis que les deux participent au tr sélectif. Bref, tout le monde s’y met et c’est tant mieux.

Cela dit, certaines questions spécifiques nous concernent tout de même plus particulièrement. Par exemple, les sujets du flux instinctif libre (apprendre à contrôler le flux de ses menstruations pour se passer de protections féminines – ouais la cup c’est déjà has been) ou en encore la symptothermie (apprendre à comprendre son cycle menstruel en combinant plusieurs indicateurs de son corps, pour limiter l’utilisation de contraception – une méthode qui bien pratiquée est réputée plus fiable que la pilule) sont en train d’émerger aux goûts du jour. Ils prônent des techniques plus naturelles et par définition zéro déchet, en incitant les femmes à mieux se connaître elles-mêmes. Rappelons pourtant que la légalisation de la pilule date de 1961 au Canada et 1966 en France, ce qui était considéré comme une énorme avancée en terme de libération de la femme. Et à juste titre ! D’ailleurs il ne s’agit pas de remettre en cause les bonnes intentions et les aspects positifs liés à cette avancée. Cependant, les connaissances sur ces sujets (et les controverses sur la pilule) évoluent, donc il est logique que les pratiques également.

Ecologie ou féminisme, la vraie question est de savoir à quoi nous voulons que ressemble la société de demain. D’ailleurs d’autres courants existent qui viennent lier les questions environnementales à d’autres sujets : éco-nationalisme (favoriser les ressources énergétiques nationales), éco-capitalisme (considérer la nature comme un capital dont les richesses dépendent et encourant l’utilisation d’instruments politiques, tel que le « marché du droit de polluer », pour le réguler) ou encore éco-socialisme (au contraire, considérant que le capitalisme et donc le productivisme, sont incompatibles avec la préservation de la nature et des droits humains fondamentaux). Que l’on soit plutôt favorable à l’un ou l’autre de ces principes, j’en conclus surtout que l’écologie est au cœur de nombre de débat, enfin.

crédit photo : freepik

À vous la parole.

Et vous, pensez-vous que les sujets du féminismes doivent être traités ensemble ou séparément ?

3 Comments

  1. Pingback: Blogger Recognition Awards

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *